La réponse courte
Oui, tu peux appeler le portable d'un dirigeant pour lui proposer un service lié à son activité, sans lui demander son accord avant. C'est le régime français de la prospection B2B : pas d'opt-in, mais un cadre. Ce cadre tient en 4 conditions, et il ne change pas le 11 août 2026, parce que la nouvelle loi sur le démarchage téléphonique ne vise que les consommateurs.
Pourquoi c'est encadré : un mobile est une donnée personnelle
Un numéro de téléphone permet d'identifier une personne : c'est l'exemple type de la donnée personnelle « indirecte » cité par la CNIL. Le fait qu'un gérant l'affiche sur sa fiche Google Maps ou sur son site n'y change rien. La CNIL est claire sur ce point : les coordonnées aspirées sur des sites web ou des annuaires en ligne restent des données personnelles, même publiquement accessibles, et ne sont pas librement réutilisables.
Conséquence : tu peux les utiliser, à quatre conditions près.
Les 4 conditions pour appeler légalement
1. Ton offre doit concerner sa profession
C'est la condition centrale posée par la CNIL : la prospection de professionnels peut être fondée sur l'intérêt légitime « lorsque l'objet de la sollicitation est en rapport avec la profession de la personne démarchée ». L'exemple donné par la CNIL : présenter les mérites d'un logiciel au directeur informatique d'une entreprise.
Transposé à ton cas : appeler le gérant d'un institut de beauté pour lui proposer de refaire son site ou de gérer ses réseaux, c'est en rapport avec sa profession. L'appeler pour lui vendre un placement financier personnel, non. Là, tu bascules côté consommateur, et après le 11 août 2026, côté interdiction.
2. Tu dois l'informer, au plus tard au premier appel
Tu n'as pas collecté son numéro auprès de lui, donc l'article 14 du RGPD s'applique : information dans le mois suivant la collecte, ou au plus tard lors de la première communication quand les données servent justement à communiquer. En pratique, au premier appel : tu dis qui tu es, pourquoi tu appelles, et tu sais répondre à « vous avez eu mon numéro où ? ». La CNIL demande explicitement que la source des données fasse partie de l'information.
3. Son opposition est sacrée
Un « ne me rappelez plus » met fin à la relation, sans justification à fournir. Le droit d'opposition à la prospection (article 21 du RGPD) est absolu. La bonne pratique CNIL : une liste repoussoir interne, conservée au moins 3 ans, éventuellement sous forme d'empreintes, consultée avant chaque campagne.
4. Ta source de données doit être propre
Dans ses recommandations de juin 2024 sur la réutilisation des données diffusées en ligne, la CNIL pose le critère de l'« attente raisonnable » : la personne pouvait-elle raisonnablement s'attendre à ce que ses données servent à de la prospection ? Un professionnel qui publie le numéro de son établissement sur sa fiche Google Maps pour être joint par des clients coche plutôt cette case. La CNIL rappelle aussi que les conditions d'utilisation du site source comptent dans l'analyse. Les données issues de l'annuaire officiel des entreprises (l'API recherche-entreprises.api.gouv.fr, qui expose le SIRET, le nom du dirigeant et le code NAF) sont publiées pour être consultées, mais le nom du dirigeant reste une donnée personnelle : les mêmes obligations d'information et d'opposition s'appliquent.
Où Coldcaller se place là-dedans
Coldcaller construit tes listes à partir de deux sources : les fiches Google Maps publiques des établissements, et l'annuaire officiel des entreprises françaises qui ajoute, quand l'appariement est possible, le SIRET, le nom du dirigeant et le code NAF. Tu sais donc toujours répondre à la question « d'où vient mon numéro ». Le CRM te permet d'enregistrer chaque appel et son issue en un clic : un refus passe en « pas intéressé », horodaté, et tu le filtres hors de tes prospects à appeler. L'information au premier contact et la liste repoussoir formelle restent tes réflexes à toi : Coldcaller te donne la trace, pas un pilote automatique de conformité.
Ce qui est hors jeu
- Appeler pour un sujet sans rapport avec son activité. Tu sors de l'intérêt légitime B2B et tu entres dans le démarchage de consommateur : consentement préalable obligatoire à partir du 11 août 2026.
- Ignorer un refus. C'est la faute la plus simple à éviter et la plus coûteuse en réputation.
- Les automates d'appel sur des numéros collectés en ligne. Consentement préalable exigé, point. L'appel humain reste ton seul canal en prospection à froid.
- Rester flou sur la source du numéro. « C'est dans notre base » n'est pas une réponse. « Votre fiche Google Maps » en est une.
Cet article informe, il ne conseille pas : ceci n'est pas un conseil juridique. Pour ta situation précise, vois un avocat ou la DGCCRF.