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Démarcher des auto-entrepreneurs : la zone grise entre B2B et B2C, expliquée

1 165 800 entreprises créées en France en 2025, dont environ 65 % de micro-entrepreneurs (Insee). Autrement dit : une grosse partie de tes prospects locaux sont des indépendants. Et c'est là que la loi de 2026 devient subtile, parce que la même personne peut être un professionnel ou un consommateur selon la raison de ton appel.

Publié le 10 juillet 2026

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Liste de prospects locaux dans Coldcaller

Le critère légal : la finalité, pas le statut

L'article liminaire du code de la consommation définit les deux camps :

Consommateur : « toute personne physique qui agit à des fins qui n'entrent pas dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole ».
Professionnel : « toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui agit à des fins entrant dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, y compris lorsqu'elle agit au nom ou pour le compte d'un autre professionnel ».

Note bien : « toute personne physique ou morale ». Pas besoin d'être une société pour être un professionnel. Un auto-entrepreneur, un artisan en entreprise individuelle, une infirmière libérale sont des professionnels dès qu'ils agissent pour leur activité.

La conséquence pratique est énorme pour toi : l'interdiction du démarchage sans consentement qui arrive le 11 août 2026 protège « un consommateur ». Elle ne s'applique pas à un appel adressé à un indépendant pour son activité. Ton offre de création de sites, de Google Ads ou de gestion de réseaux sociaux vise par nature des gens dans leur rôle professionnel.

La zone grise, concrètement

Prenons Karim, plombier auto-entrepreneur à Tourcoing. Son numéro de portable est sur sa fiche Google Maps, c'est aussi son numéro perso.

  • Tu l'appelles pour lui proposer un site web de plombier. Il agit en professionnel : c'est du B2B. Autorisé, sous les règles CNIL : sollicitation en rapport avec sa profession, information, droit d'opposition.
  • Tu l'appelles pour lui vendre une box internet ou une assurance habitation. Il agit en consommateur. Après le 11 août 2026 : interdit sans consentement préalable, jusqu'à 75 000 € d'amende pour une personne physique, 375 000 € pour une société.
  • Tu l'appelles pour un produit à usage mixte, par exemple un véhicule qu'il utiliserait pour ses chantiers et le week-end. C'est la vraie zone grise : la qualification dépend des circonstances et c'est le genre de cas que trancherait un juge. Notre conseil de bon sens : si tu ne peux pas expliquer en une phrase le lien entre ton offre et son activité, considère l'appel comme du B2C et abstiens-toi.

Pourquoi ta source de données fait 90 % du travail

La qualification B2B se joue avant même de décrocher : au moment où tu construis ta liste.

Si ta liste est construite à partir de critères d'entreprise, tu appelles des établissements dans leur contexte professionnel : une fiche Google Maps d'entreprise, une activité déclarée, un SIRET. L'appel s'adresse à la structure, pour son activité. C'est défendable, documenté, propre.

Si ta liste vient d'un fichier de numéros de particuliers, d'un groupe Facebook ou d'un annuaire perso, tu pars du mauvais côté de la frontière, quel que soit ton argumentaire.

C'est le parti pris de Coldcaller : les listes partent toujours de l'établissement (fiche Google Maps publique) et sont croisées, quand l'appariement est possible, avec l'annuaire officiel des entreprises françaises pour ajouter SIRET, dirigeant et code NAF. Chaque ligne part d'un établissement identifié, pas d'un particulier anonyme. Et si le prospect demande d'où vient son numéro, tu as la réponse.

Les 4 réflexes pour rester du bon côté

  1. Construis par l'entreprise, jamais par la personne. Ta requête de départ doit être « plombiers à Tourcoing », pas une liste de numéros dont tu ignores l'origine.
  2. Vérifie le lien offre-activité avant chaque campagne. Une phrase suffit : « je propose X qui sert à son métier Y ». Si la phrase ne s'écrit pas, ne lance pas la campagne.
  3. Ouvre l'appel sur son activité. « Je vous appelle au sujet de votre entreprise de plomberie » cadre l'appel côté professionnel dès la première seconde, et c'est aussi ce qui décroche l'attention.
  4. Trace les refus immédiatement. Le droit d'opposition s'applique en B2B comme ailleurs : un refus enregistré le jour même, un numéro qu'on ne recompose plus.

Cet article informe, il ne conseille pas : ceci n'est pas un conseil juridique. Pour ta situation précise, vois un avocat ou la DGCCRF.

Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur est-il un consommateur ou un professionnel ?
Les deux, selon le contexte. Le code de la consommation ne raisonne pas par statut mais par finalité : il est professionnel quand il « agit à des fins entrant dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole », et consommateur pour tout le reste. Le même plombier est un professionnel quand tu lui parles de son entreprise, un consommateur quand tu lui parles de ses vacances.
Puis-je appeler un auto-entrepreneur après le 11 août 2026 ?
Oui, si ton offre concerne son activité professionnelle : c'est du B2B, hors du champ de l'interdiction. Non sans consentement préalable, si tu lui proposes quelque chose pour sa vie perso : là il est consommateur et l'opt-in s'applique.
Comment prouver que mon appel était bien du B2B ?
Par la cohérence et la traçabilité : une liste construite sur des critères d'entreprise (activité, SIRET, fiche d'établissement), une offre qui concerne cette activité, et un script qui parle métier. Si ta liste vient d'un fichier de particuliers, tu auras du mal à soutenir que l'appel était professionnel.
Et si son numéro de portable sert à la fois au pro et au perso ?
C'est très courant chez les indépendants et ça ne change pas le critère : ce qui compte, c'est la finalité de ta sollicitation, pas la ligne appelée. Reste que sur un numéro mixte, l'exigence de pertinence est encore plus forte : va droit au sujet professionnel et respecte le premier refus.
Un artisan inscrit sur Bloctel peut-il être appelé pour son activité ?
Bloctel est une liste d'opposition réservée aux consommateurs : elle protège la personne pour sa vie privée. Une sollicitation strictement professionnelle n'entre pas dans ce cadre. Prudence quand même : jusqu'au 10 août 2026, si le doute existe sur la nature du numéro, le plus sûr est de l'écarter. Après cette date, Bloctel disparaît de toute façon.

Des listes construites par entreprise, pas par personne

Tape un métier et une ville : Coldcaller te sort les indépendants et commerces du coin avec leur fiche d'établissement, plus SIRET et dirigeant quand l'annuaire officiel les fournit. De quoi documenter l'origine de chaque numéro, la base d'une prospection B2B défendable.

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Sources